Croisière Groenland : itinéraires, faune polaire et prix
Une croisière au Groenland se réserve entre juin et septembre pour la banquise en dégel, les icebergs bleus d’Ilulissat et les longues journées polaires. Comptez 4 500 à 8 000 € par personne pour un itinéraire de 10 à 14 jours à bord d’un petit navire d’expédition. Ponant, HX Expeditions et Grands Espaces dominent l’offre francophone, avec des cabines à balcon donnant sur les fjords et des sorties quotidiennes en zodiac. Notre coup de cœur : la baie de Disko et le village coloré d’Ilulissat, classés à l’UNESCO.
Le Groenland fait rêver depuis toujours : la plus grande île du monde (2,17 millions de km², quatre fois la France), 80 % recouverte de glace, avec seulement 56 000 habitants et pas une seule route entre les villes. On la découvre par la mer, forcément. Nous avons épluché les catalogues des grandes compagnies francophones, croisé les dates, comparé les navires et les escales pour vous livrer ce guide complet : quand partir, où débarquer, à bord de quel bateau et combien prévoir pour vivre l’aventure polaire de votre vie.
Quelle est la meilleure période pour une croisière au Groenland ?
La saison des croisières s’étale de mi-juin à mi-septembre, quand la banquise se retire suffisamment pour laisser passer les navires. Chaque tranche a son ambiance : le choix dépend vraiment de ce que vous cherchez à voir.
Juin et début juillet : la banquise vient de se rompre, les icebergs sont encore massifs et compacts. Les températures oscillent entre 2 et 10 °C sur la côte. Le soleil ne se couche presque plus dans le Nord (jour polaire jusqu’au 21 juillet à Ilulissat). C’est la période reine pour photographier la lumière rasante à minuit sur les fjords.
Fin juillet et août : le cœur de la saison. Températures les plus clémentes (jusqu’à 15 °C à Nuuk, parfois 20 °C exceptionnellement), débarquements plus faciles, faune très active. Les baleines à bosse remontent dans la baie de Disko, les phoques se prélassent sur les glaces flottantes. C’est aussi la période la plus demandée : réservez huit à dix mois à l’avance.
Septembre : les nuits reviennent et avec elles les premières aurores boréales. Les paysages se teintent de rouille et d’or dans la toundra. C’est la meilleure fenêtre si vous rêvez de coupler croisière et danse verte dans le ciel. En revanche, la mer se rafraîchit et certains fjords du Nord ferment déjà.
Les grands itinéraires : côte ouest, côte est, tour complet
Le Groenland ne se visite pas d’un coup. Sa géographie et sa banquise imposent des choix. Voici les trois familles d’itinéraires que vous croiserez dans les brochures.
La côte ouest et la baie de Disko (le classique)
C’est l’itinéraire le plus proposé, celui que nous recommandons pour une première fois. Embarquement à Kangerlussuaq ou Reykjavik (Islande), remontée le long de la côte ouest jusqu’à la baie de Disko, escales dans les villages inuits colorés, retour par le Sud. Durée : 10 à 14 jours. Vous y verrez le fjord glacé d’Ilulissat, les églises rouges de Sisimiut, la capitale Nuuk et souvent l’île de Disko elle-même avec ses sources chaudes.
La côte est et le parc national du Nord-Est
Beaucoup plus sauvage, très peu peuplée (le village d’Ittoqqortoormiit compte 350 habitants), cette côte donne sur le plus grand parc national du monde : 972 000 km² de fjords, de glaciers et de toundra. Les navires y accèdent depuis l’Islande (Reykjavik ou Akureyri), traversée d’une nuit puis remontée du Scoresby Sund, le plus long fjord de la planète (350 km). C’est le terrain de chasse des bœufs musqués et des ours polaires. Durée : 8 à 12 jours. Notre coup de cœur pour l’observation de la faune arctique.
Le grand tour et les combinés
Les vraies expéditions de 18 à 25 jours qui font le tour complet ou combinent Groenland, Islande et Spitzberg. Ponant propose une Odyssée polaire entre le nord-est du Groenland et le Svalbard, HX Expeditions propose la traversée mythique Islande-Groenland-Canada arctique. C’est le format à privilégier si vous voulez tout voir et si votre budget le permet (à partir de 12 000 € par personne).
Les escales incontournables
Chaque village groenlandais est une carte postale à lui seul. Voici ceux qu’on retrouve le plus souvent sur les itinéraires et qui méritent vraiment le détour.
Ilulissat et son fjord glacé : l’escale phare. Le fjord d’Ilulissat est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004. Le glacier Sermeq Kujalleq (le plus productif de l’hémisphère nord) libère 46 km³ d’icebergs par an. On les regarde flotter en silence depuis un zodiac ou un chemin en bois qui longe la baie. La ville elle-même, avec ses maisons colorées (rouge, jaune, bleu) posées sur la roche, mérite deux bonnes heures de balade.
Sisimiut, la deuxième ville : 5 500 habitants, une église rouge de 1775, un musée sur la culture inuite et un petit port de pêche encore actif. Les excursions organisées incluent souvent une visite en 4×4 vers les lacs de l’arrière-pays et parfois une rencontre avec des mushers et leurs chiens de traîneau.
Nuuk, la capitale : 19 000 habitants, un vrai contraste entre modernité (musée national, université, restaurants gastronomiques) et racines inuites. On y visite le quartier historique de Kolonihavnen et sa cathédrale en bois de 1849. Escale idéale pour goûter la cuisine locale : bœuf musqué, phoque, morue noire, baies sauvages.
Uummannaq : sans doute le plus beau village du Groenland, blotti au pied d’une montagne pyramidale de 1 175 mètres. Les maisons sont posées sur des rochers de granite, séparées par des passages en bois. Population : 1 400 habitants. En été, la baie est encombrée d’icebergs qui viennent s’échouer.
Ittoqqortoormiit sur la côte est : l’un des villages les plus isolés au monde. On y accède uniquement par bateau (deux fois par an) ou par hélicoptère. 350 âmes, un supermarché, une école et une vue directe sur l’entrée du Scoresby Sund. C’est ici que commencent les expéditions dans le grand parc national.
Quelle compagnie choisir ?
Contrairement aux Caraïbes ou à la Méditerranée, le Groenland ne se navigue pas en mega-navire. Les fjords sont étroits, les glaces flottantes exigent des coques renforcées. Les débarquements se font en zodiac : impossible avec un paquebot de 5 000 passagers. Voici les compagnies francophones qui comptent, par ordre de représentation sur le marché.
Ponant : leader français, flotte de 12 navires d’expédition ultra-luxe, 180 à 260 passagers maximum. Cabines toutes extérieures avec balcon, deux chefs étoilés à bord, conférences par des naturalistes francophones. Le Commandant Charcot, brise-glace hybride au GNL, est le seul navire de croisière au monde capable d’atteindre le pôle Nord géographique. Comptez 8 000 à 25 000 € par personne pour un Groenland Ponant. On vous en parle en détail dans notre guide Ponant complet.
HX Expeditions (ex-Hurtigruten Expeditions) : origine norvégienne, six navires hybrides, 500 passagers maximum. Ambiance plus décontractée, prestations très solides, science center à bord, kayak et paddle inclus. Budget 4 500 à 9 000 €. Les commentaires sont majoritairement en anglais ; quelques départs francophones sont programmés chaque saison.
Grands Espaces : petit tour-opérateur français spécialiste des pôles, affrète des navires russes ou islandais de 12 à 90 passagers. C’est l’option la plus aventurière : conférenciers polaires réputés, itinéraires très pointus (éclipse totale 2026, ski de randonnée au printemps). Budget 6 000 à 15 000 €.
Rivages du Monde : compagnie française à taille humaine, navires de 100 à 200 passagers, itinéraires villages inuits classiques, guides francophones. Bon rapport qualité-prix (5 000 à 8 000 €).
MSC et les grandes compagnies : proposent occasionnellement des croisières Islande-Groenland en juillet-août avec des navires plus grands (2 000 à 3 000 passagers). Les escales sont limitées aux ports capables d’accueillir de gros navires (Qaqortoq, Nuuk) et les débarquements sur les fjords sont impossibles. Budget beaucoup plus accessible (1 500 à 3 500 €) mais expérience très différente d’une vraie expédition.
Quel budget prévoir ?
Le Groenland est cher, il faut se le dire tout de suite. Trois raisons : la saison est courte (12 semaines par an), les navires sont petits et la logistique polaire (carburant, permis, guides) coûte cher. Voici les fourchettes de prix pratiquées en 2026, par personne en cabine double.
Formule éco (mega-navire, escale rapide) : 1 500 à 3 500 € pour 10 à 12 jours au départ de Copenhague ou Reykjavik. Bon compromis si vous voulez juste voir « quelques » icebergs sans exploser le budget.
Formule expédition confort (HX, Rivages du Monde) : 4 500 à 8 000 € pour 10 à 14 jours. Cabines confortables avec hublot ou balcon, sorties zodiac quotidiennes, guides polaires anglophones ou francophones.
Formule luxe (Ponant, Grands Espaces) : 8 000 à 15 000 € pour 12 à 16 jours. Suite avec balcon, table gastronomique, conférences de haut niveau, très petit navire.
Formule expédition extrême (Charcot vers le pôle) : 20 000 à 50 000 € pour 20 à 25 jours. Un rêve de collectionneur d’expéditions.
À prévoir en plus : le vol pour Reykjavik ou Copenhague (200 à 500 € en été), les excursions optionnelles à terre (100 à 300 € par sortie chez Ponant), l’assurance annulation renforcée (indispensable en zone polaire, comptez 3 % du prix de la croisière) et les pourboires selon la compagnie.
La faune polaire : ce que vous allez vraiment voir
Soyons honnête : personne ne peut vous garantir de voir un ours polaire depuis un bateau de croisière. Mais les rencontres sont fréquentes et les jumelles souvent indispensables. Voici ce que vous croiserez avec de bonnes chances entre juillet et septembre.
Baleines à bosse : très présentes dans la baie de Disko et autour d’Ilulissat de juillet à septembre. Elles remontent chasser le krill et le capelan. On les repère souvent depuis le pont principal ; les zodiacs organisent parfois des approches respectueuses. Sons de souffles, coups de queue, breachings : le grand spectacle.
Phoques barbus, phoques annelés et phoques du Groenland : sur les glaces flottantes, très fréquents dans le nord de la baie de Baffin. Les navires ralentissent souvent pour laisser les passagers photographier.
Bœufs musqués : uniquement sur la côte est, dans le parc national du Nord-Est. Les débarquements en zodiac dans les vallées de Jameson Land offrent parfois de belles rencontres à distance respectueuse.
Ours polaires : les plus fréquents dans le nord-est (Scoresby Sund) et l’extrême nord (baie de Melville). Les compagnies suivent les traces et adaptent leur route. Comptez une à deux observations par croisière en moyenne, jamais garanties.
Oiseaux marins : macareux, guillemots de Brünnich, mouettes tridactyles, sternes arctiques. Les falaises de la baie de Disko abritent des colonies impressionnantes.
Ce qui vous attend à bord
Les navires d’expédition polaire ne ressemblent pas aux paquebots des Caraïbes : oubliez les toboggans, les casinos et les spectacles Broadway. Ici, l’ambiance est celle d’une station scientifique haut de gamme.
Zodiacs et débarquements : c’est le cœur de l’expérience. Chaque jour d’escale, deux sorties de 2 à 3 heures en zodiac (12 personnes maximum), soit pour croiser entre les icebergs, soit pour débarquer dans un village ou une vallée. Bottes en caoutchouc et parkas prêtées à bord chez Ponant et HX.
Conférences scientifiques : biologistes, glaciologues, historiens polaires embarqués. Comptez deux à trois conférences par jour de navigation, souvent en français chez Ponant, Grands Espaces et Rivages du Monde. C’est ce qui transforme le voyage en vraie expérience.
Ambiance à bord : passagers plutôt matures (55 ans et plus en moyenne), voyageurs expérimentés, souvent revenus d’Antarctique ou du Spitzberg. Peu de familles, très peu d’enfants. Code vestimentaire décontracté chic le soir, jamais de smoking imposé même chez Ponant.
Restauration : niveau élevé chez Ponant (deux chefs étoilés, cave française), très solide chez HX (bufffet et service à table selon les navires), plus rustique chez Grands Espaces (cuisine russe ou islandaise selon l’affréteur). Mention spéciale pour les produits locaux servis pendant les escales : morue noire, bœuf musqué, baies d’Arctique.
Conseils pratiques pour préparer votre voyage
Formalités : le Groenland fait partie du royaume du Danemark, un passeport valide six mois après la date de retour suffit pour les ressortissants français, pas de visa. Vérifiez que votre carnet de vaccination est à jour, aucune vaccination spécifique n’est exigée.
Assurance : indispensable et à souscrire dès la réservation. Vérifiez la couverture évacuation médicale (les hôpitaux se comptent sur les doigts d’une main et le rapatriement se fait par avion depuis Kangerlussuaq ou Nuuk). Plafond minimum recommandé : 500 000 €.
Équipement : la compagnie fournit parka et bottes chez Ponant et HX. À prendre soi-même : trois couches thermiques (mérinos), gants et bonnet chauds, lunettes de soleil polarisantes (indispensables sur la glace), crème solaire indice 50, un pantalon imperméable, une bonne paire de jumelles (10×42 idéal) et un appareil photo avec téléobjectif.
Communication : le wifi à bord est lent et cher au Groenland, la couverture satellite étant limitée. Prévoyez de vous déconnecter. Notre comparatif wifi par compagnie vous donnera les tarifs à jour.
Mal de mer : la traversée entre l’Islande et le Groenland peut être agitée (24 à 36 heures de mer ouverte). Prévoyez un traitement préventif (Scopoderm ou Nautamine) si vous êtes sensible. Une fois dans les fjords, la mer est plate comme un lac.
Réservation : les meilleures cabines des saisons 2026 et 2027 sont déjà partiellement vendues. Sur les petits navires Grands Espaces ou les cabines Ponant à balcon donnant sur les fjords, réservez 12 à 18 mois à l’avance. Sur les gros navires MSC, une réservation trois à quatre mois avant suffit.
Notre coup de cœur : le combiné Islande-Groenland-Spitzberg
Si vous ne devez faire qu’une seule expédition polaire dans votre vie et que le budget suit, c’est celle-là. Départ de Reykjavik, remontée par la côte est du Groenland (Scoresby Sund, bœufs musqués, aurores possibles en septembre), traversée vers le Svalbard, exploration des fjords de l’archipel norvégien, retour par Longyearbyen. 18 à 22 jours, deux territoires arctiques radicalement différents avec la sensation rare d’avoir vraiment traversé le monde du Nord. Ponant, HX et Grands Espaces le proposent chaque été. Vous complétez alors votre carnet polaire avec notre guide croisière Islande pour prolonger l’aventure.
Questions fréquentes sur la croisière au Groenland
Le Groenland est-il une bonne destination de croisière ?
Oui, à condition d’aimer la nature brute et de savoir apprécier la lenteur. Le Groenland ne se visite pas comme la Méditerranée : chaque escale demande une préparation logistique lourde, les journées en mer sont nombreuses et la météo peut modifier le programme à la dernière minute. En échange, vous découvrez des paysages parmi les plus spectaculaires de la planète et vivez une expérience polaire authentique. Nous le recommandons chaudement aux voyageurs qui ont déjà fait la Norvège, l’Islande ou l’Antarctique.
Peut-on faire une croisière au Groenland en famille ?
Techniquement oui, mais la plupart des compagnies fixent un âge minimum entre 8 et 12 ans à cause des sorties en zodiac. Le rythme est plus contemplatif que ludique, sans club enfants ni animation dédiée. Nous conseillons plutôt ce type d’expédition aux adolescents passionnés de nature, à partir de 14-15 ans. Pour un voyage familial, préférez la Norvège et ses fjords, plus adaptés aux plus jeunes.
Verra-t-on des aurores boréales pendant la croisière ?
Uniquement à partir de fin août, quand les nuits reviennent. En juin et juillet, le soleil de minuit rend les aurores invisibles, même si l’activité solaire est là. Les meilleures chances sont sur les croisières de septembre, en particulier sur la côte est autour du Scoresby Sund où le ciel est très sombre et dégagé. Aucune compagnie ne peut les garantir, mais les probabilités sont élevées.
Faut-il parler anglais pour partir au Groenland ?
Cela dépend de la compagnie. Chez Ponant, Grands Espaces et Rivages du Monde, tout se déroule en français à bord (conférences, briefings sécurité, service). Chez HX Expeditions, MSC ou les compagnies internationales, l’anglais domine et les briefings sécurité doivent être compris en anglais. À terre, dans les villages inuits, les habitants parlent groenlandais et danois, un peu d’anglais dans les zones touristiques.
Quel type de cabine choisir ?
Sur une croisière polaire, la vue compte plus que sur n’importe quelle autre destination. Une cabine avec hublot ou balcon vous permettra de voir passer les icebergs depuis votre lit, y compris pendant les navigations de nuit polaire. Nous déconseillons vraiment les cabines intérieures au Groenland, même si elles sont moins chères. Pour aller plus loin, consultez notre comparatif cabine intérieure vs balcon.
Peut-on choisir ses excursions à terre ?
Oui, mais l’offre est plus limitée qu’aux Caraïbes ou en Méditerranée. Les compagnies d’expédition organisent les débarquements en zodiac (généralement inclus) et proposent parfois des excursions optionnelles à terre (marche vers un glacier, kayak, visite culturelle) contre supplément. Impossible en revanche de réserver une excursion privée par vos propres moyens dans la plupart des villages, faute d’infrastructures. Notre guide des excursions en croisière détaille les bonnes pratiques.
